Les règles de l’accentuation en espagnol

Lorsque l’on apprend l’espagnol, l’accentuation peut représenter un point noir dans sa formation. Bien que le système d’accentuation en français soit complexe, lorsqu’on est francophone, on ne va pas forcément avoir le réflexe de poser des accents sur les mots, notamment sur les syllabes.

L’accentuation est pourtant un point essentiel dans votre apprentissage de la langue et de sa prononciation. En effet, l’accentuation en espagnol est très importante car elle permet d’accentuer la prononciation de certaines lettres dans les mots.

Tous les mots comportant plusieurs syllabes, possèdent une syllabe qui se détache des autres et que l’on accentue par la voix : c’est ce qu’on appelle l’accent tonique. On dit que les autres syllabes sur lesquels on n’insiste pas sont atones.

L’accentuation vient rythmer. Un mot peut contenir un accent que l’on entend mais que l’on n’écrit pas ou un accent que l’on entend et que l’on écrit.

Règles de base

  • L’accent espagnol est toujours posé sur une voyelle, sauf pour le ñ.
  • Il n’existe pas différents « sens » pour écrire les accents comme avec les accents aigus et graves en français. Les accents espagnols sont écrits toujours comme les accents aigus en français.
  • L’accent circonflexe n’existe pas en espagnol
  • L’accent espagnol peut avoir deux utilités :
    • L’accent dit tonique, qui permet d’insister sur une syllabe et donc détermine la prononciation d’un mot. Ne cherchez pas, ce type d’accent n’a pas d’équivalent en français. En règles générales, cet accent ne s’écrit pas – sauf
    • L’accent dit grammatical, lui, ne vient pas apporter un rythme à la prononciation. Silencieux, on ne le remarque donc qu’à l’écrit. Il permet principalement de distinguer des mots qui auraient la même prononciation mais une signification différente, comme « ou » ou « où » en français.

Les accents prosodiques ou phonétiques : accents que l’on entend mais que l’on n’écrit pas

Les mots se terminant par une voyelle, un –n ou un -s

Dans le cas des mots se terminant par une voyelle, l’accent tonique se porte sur l’avant dernière syllabe du mot, c’est donc cette partie du mot que vous accentuerez à la prononciation.

On les appelle en espagnol : « palabras llanas » ou « palabras graves », que l’on traduirait en français par paroxyton.

La règle est la même pour les mots se terminant par –n ou –s.

Par exemple : imagen, casa, coche, lunes, festivo, allegre, francesa

Les mots se terminant par une consonne ou un -y

Si le mot se termine par –y ou une consonne, on accentue cette fois la dernière syllabe lors de la prononciation du mot. Ce type d’accentuation est appelé « palabras agudas », c’est l’oxyton en français.

Par exemple : escritor, pared, libertad, elemental, papel

Comme nous l’avons vu dans le premier point, cette règle ne s’applique pas aux mots se terminant par –n ou –s.

Remarque : tous les verbes à l’infinitif sont donc des palabras agudas.

Les accents graphiques : accents que l’on entend et que l’on écrit

Les mots qui ont une accentuation tonique irrégulière prennent un accent pour accentuer le mot.

L’accent se trouve sur les voyelles : á, é, í, ó et ú

On va venir écrire l’accent :

  • Pour les palabras agudas, lorsque le mot est fini par –n, par –s ou une voyelle mais que son accentuation ne répond pas aux règles citées précédemment. C’est notamment le cas de tous les mots dont la terminaison est –ión.

Exemples : ratón, acción, además, mamá, café, millón, civilización

  • Pour les palabras llanas ou graves, lorsque le mot n’est pas fini par –n, par –s ou par une voyelle et qu’il ne correspond pas aux règles énoncées plus haut.

Exemples : automóvil, tórax, cáncer

  • Pour les palabras esdrujulas, que l’on peut traduire par proparoxyton, on écrit toujours l’accent sur l’avant-avant dernière syllabe.

Exemples : éxito, oxígeno, léxico

  • Pour distinguer les adjectifs des pronoms démonstratifs, indiquer les formes exclamatives ou interrogatives ou encore permettre de différencier des homonymes.

Exemples : este = cet <> éste = celui-ci

Aquella = cette <> aquélla = celle-là

El = le <> él = lui, il

Solo = seul <> sólo = seulement

Les autres accents

Le tréma

Très peu utilisé en espagnol, l’accent tréma se place sur la voyelle –u lorsqu’elle est entre la consonne –g et les voyelles –e ou –i.

Comme en français, cet accent indique que l’on doit accentuer, de façon distincte, la voyelle. On ne prononcera donc pas le –u du prénom Miguel.

Exemples : lingüistica  = linguistique

vergüenza  = honte

Le tilde

Vous n’avez peut-être jamais entendu ce terme, pourtant vous avez certainement déjà eu à faire à l’accent tilde ; au moins pendant l’apprentissage de l’alphabet.

Le tilde est la petite vague que l’on place au-dessus de la lettre –n et dont la prononciation est /gn/. A la base, l’accent était placé pour montre qu’à l’origine, le mot en question s’écrivait avec deux –n. C’est le cas du mot el año qui vient du latin annus. Aujourd’hui le ñ est une lettre à part entière.

Retrouver les accents espagnols sur un clavier français

Voici les principaux raccourcis claviers qui vous permettront de bien écrire les accents espagnols :

Maintenez la touche ALT et tapez…

  • 164 pour ñ ou 165 pour Ñ
  • 144 pour É
  • 161 pour í ou 214 pour Í
  • 162 pour ó ou 224 pour Ó
  • 163 pour ú ou 233 pour Ú

Les autres accents sont disponibles en effectuant les manipulations suivantes :

  • Ü : maintenez la touche MAJ, appuyez sur le symbole du tréma, lâchez la pression sur les deux touches et appuyez sur le –u.
  • Ñ : maintenez la touche ALT GR, appuyez sur la touche où figure le symbole tilde, relâchez les deux touches et appuyez sur le –n.

Exercice : l’accentuation

Testez vos connaissances sur les règles de l'acentuation en espagnol !